INTERVIEW DU SAMBO SAINT PIERRE, UN CLUB INVESTI DANS LA PRATIQUE FÉMININE

Le club Sambo Saint Pierre, à Marseille, est le 7ème plus grand club français et comptabilise une cinquantaine de féminines, un nombre que ce club s’est donné comme défis d’augmenter significativement !

La FFKMDA et le Président du Sambo Saint Pierre, Eric Simonini, se sont entretenus, à l’approche de la Journée Internationale des Femmes.

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Une petite présentation ? 

Je suis Eric SIMONINI, j’ai 49 ans et je suis fonctionnaire territorial et j’habite à Marseille. Je suis passionné et pleinement investi dans la pratique des sports de combat depuis l’âge de mes 6 ans. C’est une de mes raisons de vivre.

Depuis juin 1997, j’ai crée mon association sportive le SAMBO SAINT PIERRE, 310 licenciés aujourd’hui avec la reconnaissance fédérale « club qualité FFKMDA 4 étoiles spécificité Formateur »

Je suis responsable du Pancrace et des Disciplines Associées au sein de la ligue PACA.

Formateur des BMF au CREPS et membre du Comité Directeur de la Ligue, je suis titulaire du BPJEPS Sports de Contact et du BJAN.

Parlez nous de la pratique féminine au sein de votre club

J’ai constaté que le point noir de mon club était le nombre de licenciés féminines de l’ordre de 10%. Les chiffres parlent d’eux mêmes, je me devais de réagir. J’ai donc développé des créneaux exclusivement dédiés aux femmes afin d’améliorer qualitativement l’accueil de ce public. Aujourd’hui, mes licenciés féminines peuvent participer dans la semaine aux cours mixtes et/ou aux cours exclusivement féminins.

Que mettez vous en place pour développer la pratique féminine ?

Les séances 100% féminines sont prises en charge par mon épouse, Peggy, titulaire du BPJEPS Sports de Contact, afin de rassurer au mieux  celles qui n’osent pas franchir les portes d’une salle remplie de garçons dont l’entraîneur est un homme.

L’objectif est de les préparer physiquement et mentalement à mieux intégrer les cours mixtes.

Ces séances sont moins axées sur le combat mais plus sur du cardio, de la technique pure, des paos, du sac et de la self défense.

On propose aussi aux mamans de venir avec leurs filles afin de pratiquer en famille.

Des conseils pour qu’un club développe la pratique féminine ?

Avoir dans son club un moniteur féminin diplômé est la clé. En effet, cette dernière va prouver qu’une femme est tout aussi compétente qu’un homme pour enseigner la boxe pieds poings à tout public.

De ce fait, ma campagne de communication est “Mesdamespratiquez, entraînez, arbitrez, dirigez » afin d’inciter les féminines à s’engager davantage dans les instances fédérales.

Il faut leur donner plus de responsabilités, notamment les inscrire aux BMF, BJAR et les faire participer aux compétitions. Egalement, les faire accéder à des postes à responsabilités au sein de l’association comme présidente, trésorière, secrétaire.

Quel est selon vous la place de la femme dans la boxe pieds poings aujourd’hui, en France ?

Aujourd’hui, les mentalités ont changé et notre fédération a un plan de féminisation très efficace,  la preuve, l’augmentation chaque année des licences féminines !

Les femmes sont de plus en plus présentes dans les galas PRO(médiatisation) et les compétitions amateurs. Elles occupent des postes d’encadrement. La parité est sur la bonne voie en France. La boxe pieds poings, c’est aujourd’hui aussi une histoire de femmes

Quels sont les idées reçues que vous entendez le plus sur la pratique féminine dans la boxe pieds poings ?

Parmi les préjugés encore tenaces : d’une part, l’idée selon laquelle la nature violente de la boxe pieds poings  n’est pas compatible avec les propriétés sociales des femmes. En clair « la boxe , ce n’est pas une activité pour les filles, elles vont devenir des hommes » ou « la danse , c’est la salle d’à côté  ». D’autre part, l’idée selon laquelle une femme dans un monde d’hommes va entraîner des rapports de séduction propres à obligatoirement perturber ce monde d’effort qu’est la salle de Boxe. Enfin, elles ne sont pas toujours prises au sérieux : “si je m’entraîne avec, je vais m’ennuyer, ne pas pouvoir bien me défouler car elles sont faibles

Néanmoins, avec la nouvelle génération, c’est de plus en plus rare d’entendre ces propos !

Quels conseils donneriez-vous à une femme qui hésite à se lancer dans la boxe pieds poings ?

Je lui dirai : “Oubliez les préjugés et les stéréotypes !”. La boxe pieds poings ne rime pas avec blessures et coups. C‘est vous qui décidez de la boxe que vous voulez pratiquer. En cardio- boxing par exemple , il n’y a pas de sparring mais les bénéfices physiques et émotionnelles sont les mêmes. Même si vous voulez faire du sparring, c’est vous qui décidez avec votre partenaire l’intensité vous voulez y mettre. Il y a de nombreuses protections, un moniteur formé par la FFKMDA surveille et encadre les cours pour votre sécurité

C’est un sport avec de multiples vertus et il serait dommage de s’en priver ! Venez faire un cours d’essai ! Vous n’avez plus aucune excuse pour vous y mettre !

Pensez vous qu’être une femme est un frein à la pratique de la boxe pieds poings ?

La boxe pieds poings serait un sport uniquement réservé à la gent masculine ? Il n’en est rien, bien au contraire ! C’est un sport fédérateur accessible à tout le monde notamment aux femmes. Elles ont  bien des poings  et des pieds, elles peuvent donc apprendre à s’en servir.

Lors de la dernière Nuit des Champions à Marseille, le combat de la soirée a été le féminin. Un régal d’engagement et de technique très applaudi par le public !

Quels sont les bienfaits pour une femme de pratiquer la boxe pieds poings ?

La boxe pieds poings permet d’améliorer les capacités cardio vasculaires, développe les réflexes, l’agilité, et la coordination. Elle fait travailler les muscles et tonifie le corps. Elle permet d’évacuer le stress, d’améliorer l’estime de soi et la confiance en soi. Enfin, c’est une excellente discipline de self défense.

 

Quels avantages a une femme par rapport à un homme dans la boxe pieds poings ?

Evoluant constamment sous le regard des hommes, les boxeuses doivent notamment prouver à chaque instant leurs compétences pugilistiques. De ce fait, elles sont plus persévérantes et plus accrocheuses que les hommes.

Je les trouve plus humbles avec une volonté d’apprendre plus importante et surtout pour compenser la force, elles sont plus technique ! Elles ont plus conscience que pour arriver à des résultats satisfaisants, il faudra beaucoup de détermination et de patience.

Un petit mot pour la fin ?

La femme est l’avenir de l’homme. N’attendez pas le jour ou vous en aurez besoin pour apprendre à donner des coups de pieds et poings ! Sachez faire face à la violence !

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